Appel aux pouvoir publics : lettre ouverte

Le collectif des associations de Vannes, investies autour de la question des migrants et réfugiés, a rédigé une lettre ouverte à l'attention des élus de la communauté d'agglomération de Vannes et de la Préfecture du Morbihan. Nous en sommes signataires. Voici le contenu :

LETTRE OUVERTE AU PREFET DU MORBIHAN
ET AUX ELUS DE L’AGGLOMERATION DE VANNES
22 NOVEMBRE 2018
MIGRANTS : LES ASSOCIATIONS VANNETAISES ALERTENT

En Octobre 2018, plus de 180 hommes, femmes et enfants, exilés, n'avaient pas d'hébergement sur le pays de Vannes. Pourtant, ils devraient être pris en charge. Rappelons que la constitution française est fondée sur la Déclaration des Droits de l'Homme qui garantit aux Français comme aux étrangers, la protection humanitaire sur notre territoire. Or aujourd'hui, l'État laisse à la rue dans la plus grande précarité des personnes de tous âges et notamment des jeunes, des personnes isolées, des familles, des enfants. C'est un délit de les laisser à la rue. C'est un délit de « non assistance à personne en danger ».

Disons le haut et fort, il n'y a pas de « crise migratoire » en France. Il y a une crise des politiques migratoires. Dans le pays de Vannes, des citoyens, des associatifs pallient les manques de l'État, réagissent et assurent tant bien que mal le devoir d'humanité, de solidarité, en hébergeant, en accueillant, en accompagnant. Mais, face à ce désengagement de l'État, nous atteignons nos limites.

• Nous demandons à la Préfecture de respecter la loi en mettant à l'abri « toute personne en situation de détresse médicale, psychique et sociale » qui doit avoir accès à tout moment à un dispositif d'urgence.

• Nous demandons aux autorités, de proposer- en particulier pour les familles avec enfants - un hébergement de nuit et de jour avec gîte, couvert et accompagnement social comme la loi le prévoit. Aujourd'hui en effet, les mobile-homes d'urgence à côté de la gare de Vannes ne proposent que 19 places, un accueil de nuit, uniquement entre 19h et 7h du matin, sans possibilité de repas chaud. Les enfants sont donc à la rue toute la journée.

• Nous demandons aux municipalités de l’agglomération de mettre à disposition des appartements disponibles, en particulier ceux du parc de logement social inoccupés, (environ 200 à Vannes comme l’a dit Monsieur David Robo lors de la journée du refus de la misère).

• Nous demandons au Maire de Vannes de réouvrir l'accueil de jour, avec des douches en nombre suffisant, accueil qui est fermé depuis deux ans.

• Nous demandons à L'Agglo de Vannes (VMGA) de manière urgente, de mettre en place des tarifs solidarité de transport pour tous les enfants des familles en situation de précarité afin de garantir le droit inconditionnel à la scolarisation que prévoit la loi française.

Organisations signataires :
La Cimade-Vannes,
Emmaüs- Vannes,
Bienvenue 56,
RESF 56- Réseau Éducation Sans Frontières,
LDH Ligue des Droits de l’Homme Pays de Vannes,
Welcome,
Séné Réfugiés Solidarités
PPFS-Plescop Partage Sans Frontières

Appel aux pouvoir publics : lettre ouverte
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